Au rayon potiche de la littérature, je cite Haenel. En parcourant les inrocks de juillet (promis c’est mon frère qui l’a acheté), je tombe sur ces interviews parfaitement inutiles aux questions improbables (et c’est certainement ça qui font tout leur snobisme, quelque chose comme une pure dépense absurde).
Et voilà notre vilain canard, Yannick Haenel. Mais qu’est-ce qu’il nous dit Hanael? Eh bien rien. Si ce n’est qu’à la question « des écrivains qu'il aurait voulu rencontrer », il répond Georges Bataille parmi les morts, et Bob Dylan parmi les vivants. Franchement qui s’étonne encore de ces références hier transgressives, aujourd’hui galvaudées ?
Mazette, prenez un peu de risque! Aujourd’hui je préfère rencontrer Stallone plutôt que Dylan, c’est plus neuf et moins fantasmé. Puis, ça évite de véhiculer des idéaux littéraires à son propre compte (et ça, c’est mesquin et c’est bourgeois).
Toujours en est-il que lorsqu’on lui demande quel livre il ne lira jamais, il répond cette fois très sur de lui : ceux de Pierre Jourde. Déjà c’est une réaction d’enfant, parce que Jourde avait remarqué en lui le petit gosse gâteux qui fantasme de postures de poète, de poses langoureuses d’écrivain maudit. Alors là, non, il ne ratera pas son occasion : une crotte de nez pour Jourde (c’est vrai que c’est malin).
Ensuite, ça lui ferait du bien de lire un peu Littérature et Authenticité (L'Harmattan, 2001) du même Jourde. Il comprendra qu’on ne peut dire je sans tomber dans des platitudes narcissiques, ce qu’il fait d’ailleurs avec complaisance.
Alors qu’est-ce qu’on en retient ? Rien encore. Si ce n'est que si Haenel ne va pas lire du Jourde c’est son droit le plus strict, mais ma foi, faut pas s’étonner de rester con derrière. Nous, on continuera à le lire, et à travers ces mots comprendre un peu mieux le néant qui nous remplit (mais oui, rien que ça !).
